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lundi 28 octobre 2013

"Revanche"


Auteur : Cat Clarke
Titre VO : Undone
Editeur : Robert Laffont
Collection : R


Résumé (4e cover)

La vie est injuste.
Jem Halliday est amoureuse de Kay, son meilleur ami, qui est gay.
Pas vraiment l’idéal, mais Jem s’est faite à l’idée.


La vie est cruelle.
Une vidéo de Kay en compagnie d’un garçon a été postée sur Internet.
Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.


Sa vie ne sera que vengeance.
Quoi qu’il lui en coûte, Jem a décidé de découvrir qui sont les responsables et de les faire payer, un par un, jusqu’au dernier.

Mon avis

GROSSE CLAQUE !

Vous est-il déjà arrivé de terminer un livre et de verser des torrents de larmes à la fin ? Dans mon cas, oui,  plus d’une fois. Mais de ressentir les mêmes émotions rien qu’en y repensant, d’être bouleversé au point de rester prostré presque une heure allongé dans votre lit à ressasser ce bouillonnement d’émotion ? Dans mon cas, c’est affreusement rare… En fait, je mens : c’est la première fois qu’un livre me bouleverse à ce point.
Cat Clarke avait déjà montré son talent avec Confusion et Cruelles (le premier avait été un gros coup de cœur et le second m’a beaucoup plu), mais Revanche les dépasse, et de très, très loin. Wandering-World (je te hais : à cause de toi, j’ai découvert Cat Clarke et mon petit cœur et mon portefeuille t’en veulent terriblement… nan, je déconne : tu es génial) nous avait tous prévenu : on ne ressort pas de Revanche indemne. Revanche fait partie de ces romans très rares qui laissent une empreinte dans votre vie de lecteur. Il rejoint dans mon cœur la liste très sélecte de ces romans qui m’obsèdent aux côtés du Cirque de les Rêves, des Ames Vagabondes ou de La Couleur des Sentiments.
Sauf que Revanche, il est encore plus que cela : c’est une bombe, un tsunami, un cataclysme ambulant qui vous bouscule dans votre ressenti et vous laisse le cœur en miette.

Revanche, c’est avant tout une histoire d’amitié : celle qui unit Jem et Kai depuis qu’ils ont 7 ans. Cette relation est sublime et déchirante, on la découvre au fur et à mesure du récit. L’amour que Jem éprouve pour Kai est proprement magnifique : qui peut prétendre vouloir venger son meilleur ami et se donner la mort après pour le rejoindre ? Cette idée de base peut paraître incroyablement dérangeante – et elle l’est par moments dans le récit – mais c’est une véritable force.
Durant tout le roman, on est dans la tête de Jem : on ressent ses émotions, sa douleur causée par l’absence de Kai. Son désir de vengeance peut paraître complètement dingue, surtout qu’elle le fait uniquement à cause d’une lettre anonyme, mais à nouveau ça marche. Et ce par le fait que Cat Clarke nous fasse ressentir ce manque, cette absence de Kai, les moments qu’ils ont partagé à deux…

Je ne peux pas aborder ce roman sans parler de Kai en particulier. Comment est-il possible de s’attacher autant à un personnage alors qu’il brille par son absence ? Comment est-il possible qu’il soit si présent dans son absence ? Par les souvenirs que Jem garde de lui d’une part mais aussi par les lettres qu’il a écrites pour elle avant de se suicider. 12 pour être exact, 1 par mois, jusqu’à l’anniversaire de sa mort.
Et ces lettres sont les moments où je versais des larmes à ne plus savoir m’arrêter (où je devais vraiment me retenir de le faire lorsque je lisais dans le train où à la fac). On y découvre la facette lumineuse de Kai, son énergie, sa volonté que Jem vive et profite de la vie. J’attendais ces moments avec impatience et appréhension, j’avais hâte de retrouver Kai, mais je savais aussi que j’allais être déchiré.
Ces lettres sont bouleversantes de sincérité et d’émotions. Et plus on avance dans le récit, plus les lettres prennent un tour grave et plus Kai se révèle. On ressent ses doutes et ses craintes, notamment durant ce passage affreusement déchirant où il dit qu’il aurait préféré être hétéro, que tout aurait plus facile. Je pense à cette lettre en particulier parce que Cat Clarke a parfaitement exploité tout ce qui passe dans la tête d’un adolescent gay victime d’homophobie (et je sais parfaitement de quoi je parle, je suis passé par là aussi).

Ce fameux thème de l’homosexualité et par conséquent de l’homophobie, est au cœur du roman (avec en prime cette idée de vengeance). Et là, Cat Clarke réussit encore un tour de force : elle le traite sans clichés, sans chichis inutiles. C’est brut, c’est réel.
Quand on sait qu’elle s’est inspiré d’un fait divers réel pour créer son histoire, on en peut que se sentir remué de l’intérieur. Quand on sait que le suicide est trois fois plus important chez les ados gays que chez les hétéros, ça donne la nausée. Ce qui fait selon la moi la véritable force du roman, c’est le fait que ses thèmes soient si forts, si percutants et en particulier celui-ci.
Cat Clarke égratigne les clichés concernant l’homosexualité et en littérature pour jeunes adultes, cela fait un bien fou. Peu d’auteurs osent aborder ce thème de manière aussi centrale ou quand ils le font, cela n’a pas la même intensité.
Toute cette histoire autour de la vidéo de Kai, des moqueries à son égard, de cette accumulation de choses qui l’ont poussé à se donner la mort, tout cet ensemble est intense. Ca nous révolte, ça nous bouscule, ça fait pleurer.

Parce que Revanche, c’est exactement ça : une question d’intensité. On se sent sur un fil durant la totalité du roman, bousculé par des émotions dans tous les sens. Je parle souvent de ressenti, du fait de se sentir déchiré et bouleversé. Mais c’est parce que Revanche est un roman rempli d’émotions diverses : il est impossible de ne pas ressentir la moindre chose en lisant, même si on n’apprécie pas sa lecture.
On peut s’émouvoir de cette amitié bouleversante, s’indigner devant le comportement complètement dingue de Jem ou d’autres personnages (Louise, Stu et les autres,…).
Il n’y a pas de baisses de régime dans cette histoire, on tourne les pages frénétiquement, dans le but de découvrir ce que va faire Jem avec sa vengeance, l’évolution de ses relations avec ce groupe qu’elle a infiltré car il serait responsable de la mise en ligne de la vidéo, lire une nouvelle lettre de Kai…
Ce roman est un obsession, il devient indispensable de savoir ce qu’il s’est vraiment passé avec Kai, ce que va faire Jem mais surtout parce que les émotions éprouvées sont tellement fortes et puissantes qu’il est impossible de s’arrêter, ne serait-ce que pour reprendre son souffle. Ou quand on le fait, on y retourne peu après.

Cette intensité atteint son paroxysme quand on arrive dans les 100 dernières pages. Tout se démêle, tout s’imbrique, tout s’accélère. Il y a des rebondissements et des révélations tout à fait inattendus qui font sursauter notre cœur déjà bien malmené.
Mais là où Cat Clarke porte son coup de grâce c’est avec la fin. Et quelle fin… Dans Confusion et Cruelles, les fins étaient ouvertes (voire très ouvertes).  Ici, elle est on en peut plus fermée. Et cette fin est atroce et dans son déroulement inattendue : j’ai pleuré longtemps, complètement dévasté.

Revanche, c’est un mélange d’émotions (je me répète mais c’est véritablement ce que j’en retiens). Que ce soit par les personnages ou par ses thèmes, on se sent ballotté, déchiré, remué. Revanche a le même effet sur votre cœur qu’un marteau qui s’abat sur du verre : il le pulvérise.
C’est un roman à ne surtout pas rater, un roman rare qui obsède et ne laisse pas indifférent. Une claque magistrale pour ma part que je n’oublierai pas de sitôt.


Ma note : 20/20

Le trailer du roman

jeudi 19 septembre 2013

"Crossfire, tome 1 : Dévoile-moi




Auteur : Sylvia Day.
Titre VO : Bared to you
Editeur : J'ai lu.

Résumé (4e de Cover)

Il me possède, il m’obsède.

Lorsqu'il est entré dans ma vie, je ne savais rien de Gideon Cross sinon qu'il exerçait sur moi une attraction sexuelle si intense que j'en fus ébranlée.

J'ignorais encore tout de sa force et de ses failles, de ce besoin qu'il avait de posséder et de dominer, de l'abîme au bord duquel il oscillait.

Je n'imaginais pas que chacun de nous deviendrait le miroir de l'autre - un miroir dans lequel se refléteraient les blessures intimes et les désirs vertigineux qui nous habitaient.

Je ne mesurais pas encore la profondeur de l'amour qui allait nous unir.

Mon avis

Le tome 1 de la série Crossfire de Sylvia Day est comparé à la trilogie Fifty Shades et ce, de manière systématique. Ce qui peut aisément ce comprendre car l’on y trouve les même mécaniques de la romance érotique actuelle : un milliardaire incroyablement beau, ténébreux et secret ; une jeune femme idiote, schizophrène et… ah, non, ça c’est Fifty Shades. Dans Crossfire, notre héroïne est une jeune femme forte, avec ses failles et qui sait ce qu’elle veut de sa vie sexuelle.
Ils vont s’aimer, prendre du bon temps de manière assez boulimique, se détester, se haïr, rompre, cacher des choses (je précise que ça ne se fait pas spécialement dans cet ordre).
Est-il judicieux de comparer Crossfire et Fifty Shades ? A mon sens, non : on est certes dans de la romance érotique des deux côtés, il y a des similitudes entre les deux œuvres mais elle sont différentes : je ne pense pas que ceux qui ont aimé Fifty Shades aiment systématiquement Crossfire et inversement.

Là où Fifty Shades aborde le sexe façon BDSM (enfin, de manière très, très soft) avec une jeune fille qui découvre sa sexualité, Crossfire prend le parti d’une relation purement charnelle (au départ) consentie par nos deux protagonistes qui n’ont rien d’enfants de cœur niveau sexe.
Et en soi, c’est ce qui fait la différence principale entre les deux œuvres : l’apprentissage sexuel d’une part, une relation entre deux adultes initiés dans l’autre.
Mais je ne vais pas rédiger ma chronique en comparant les deux œuvres, même si je vais devoir le faire à certains moments pour souligner justement les différences.

Comme je le disais plus haut, l’auteure décide au départ de partir d’une relation entièrement basée sur le sexe. C’est clairement ce que veux Gideon quand il rencontre Eva et l’on va vite en avoir un aperçu dans les 100 premières pages du roman.
C’est un point important à préciser : la romance n’apparaît pas dès le début, il s’agit vraiment d’une attirance physique et sexuelle au départ. Ca peut ne pas plaire, autant être prévenu.

Abordons justement cette relation : le fait que l’auteure ne fasse pas tergiverser nos deux héros quant à cet accord est vraiment libérateur : il n’y a rien de plus agaçant que de voir une relation piétiner pendant des pages et des pages parce que nos deux héros ne savent pas se décider si ils consomment ou pas. Ici, pas de chichis, ça commence très vite et très fort.
Là où ça va piétiner c’est au niveau des sentiments de nos deux héros : ils vont, évidemment, finir par tomber amoureux mais l’auteure va constamment jouer avec le jeu du « je t’aime, moi non plus » : comprenez que, un coup tout va bien, un autre tout va mal.
Ce qui est intéressant au départ devient agaçant sur le long terme : l’incapacité pour nos deux écorchés de communiquer devient proprement emmerdante (pardonnez-moi l’expression) après 200 pages. L’auteure nous balance les secrets de Gideon sous le nez… enfin, quand je dis balancer, elle nous montre bien qu’il a des secrets mais ne les dévoile pas le moins du monde.
En soi, cette relation qui avance et recule sans cesse et les secrets de Gideon forment une intrigue mais le petit jeu tape un peu sur les nerfs, même si le roman est passionnant grâce à la plume de l’auteure.
Parce que oui, Sylvia Day, sait écrire, dans un style simple et efficace, très cru par moments lors des scènes charnelles mais elle parvient à nous faire évoquer une série d’images en quelques lignes.

Concernant les personnages, j’ai beaucoup aimé notre héroïne, Eva. Elle a su me toucher à sa façon, avec ses blessures (je ne dévoilerai rien de peur de vous spoiler) ses doutes et interrogations. Elle m’a vraiment ému lorsqu’elle dévoile son passé à Gideon.
Après ce qu’elle a vécu, elle fait preuve d’une grande force, tout en gardant sa fragilité et j’ai vraiment adoré cet aspect-là.
Gideon, lui, m’a intrigué, fortement même. L’auteure nous montre bien qu’il a des secrets et de drôles d’intentions, mais à aucun moment ne les dévoile. On ne sait vraiment pas du tout sur quel pied danser avec ce drôle de coco. Il est même parfois assez extrême dans ce qu’il fait : sa façon de protéger Eva, de la faire suivre par son chauffeur…
En soi, c’est un mâle alpha typique dans la romance en général : il est trop beau, trop mystérieux, trop control-freak

Et pourtant, malgré ce j’avance, je recule et l’incapacité à communiquer de nos deux protagonistes, on est assez vite captivé par l’histoire.
Le titre prend d’ailleurs tout son sens au fur et à mesure (notez bien qu’il s’agit d’une interprétation purement personnelle) : dévoile-moi, c’est un peu la supplique d’Eva à Gideon. Elle voudrait qu’il la découvre, accepte la personne qu’elle est avec tous ses secrets et ses fêlures. On pourrait inverser et dire que c’est pareil du côté de Gideon mais vu que le récit est entièrement raconté du point de vue d’Eva, je ne peux pas définitivement me prononcer là-dessus.

Au niveau des autres personnages, on rencontre Mark, le patron d’Eva et Steven, son compagnon. Ils forment un couple stable et équilibré et franchement, quand on voit les nombreux remous entre Eva et Gideon, cela fait un bien fou.
La mère d’Eva par contre, m’a franchement effrayé : sa surprotection envers sa fille est proprement hallucinante. Elle en va jusqu’à faire suivre son téléphone, c’est dire !
On a ensuite un personnage assez étrange : Cary, le colocataire d’Eva. Quand je dis étrange, je parle de son comportement. Il est ouvertement bisexuel et couche un peu à tout va. Sauf que, il a rencontré Trey, un garçon qui est juste adorable avec lui et lui, il le trompe plus ou moins ouvertement avec divers partenaires (on d’ailleurs droit à Eva le surprenant à ce qui pourrait sembler être une orgie).
Je n’ai pas eu une impression particulièrement positive concernant ce personnage, sa sale manie à détruire malgré lui (quoique parfois, on peut légitimement se demander s’il ne le fait sciemment) tout ce qui pourrait lui permettre d’accéder à un semblant de bonheur. Tout comme Eva, il possède lui aussi un certain passif douloureux, mais ses agissements envers Trey et les gens autour de lui me l’ont fait détester au plus haut point.

L’histoire en elle-même est celle qui se centre sur le couple que forme Eva et Gideon, ainsi que quelques intrigues annexes concernant d’autres personnages. Même si, dans ce type de roman, on ne peut pas véritablement parler d’intrigue, vu que l’on s’attarde bien plus sur une relation que sur un quelconque suspens (bien que les secrets et agissement de certains protagonistes tendent à faire penser qu’il risque d’y avoir des choses assez énormes qui vont arriver).

Ce roman m’a conquis dans l’ensemble, malgré la répétitivité dans cette relation (manque de communication – dispute - rupture – sexe – réconciliation – manque de communication… vous avez compris le principe) et une certaine frustration de part l’absence de réponses (mais peut-on vraiment parler de point négatif ? Non, il s’agit juste d’un petit caprice de ma part. Preuve que le roman m’a passionné et que je brûle d’en savoir bien plus !).
Si il me fallait choisir entre Crossfire et Fifty Shades (bien que je persiste à dire que les deux œuvres, malgré le fait que l’on soit dans une romance érotiques, ne se ressemblent pas et ne jouent pas dans la même catégorie) Crossfire remporte le match haut la main : mieux écrit, bien plus osé, plus prenant, une psychologie des personnages plus fouillée, tant d’arguments qui font que Crossfire a ma préférence.

Ma note : 17/20

lundi 9 septembre 2013

C'est Lundi, que lisez-vous (2)


Rendez-vous initié par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. La relève est maintenant assurée par Galleane

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu la semaine passée

"Crossfire, tome 2 : Regarde-Moi"


Un bon tome 2 mais le jeu du "je t'aime, moi non plus" m'a fortement agacé à un moment donné ! Par contre, la fin est canon, très tendue... heureusement que j'ai la suite sous la main !

"Succubus, tome 6 : Succubus Revealed"


Un dernier tome éblouissant ! Un merveilleux final dans lequel l'auteure n'a pas cédé à la facilité. De l'humour justement dosé, de l'action et de l'émotion. 
Une bombe incontournable ! 
Coup de Coeur ! 

"Les Chroniques de San Francisco, tome 2"


Les enquêtes que je ne trouvaient pas passionnantes se sont révélées plus prenantes, même si je déplore les rebondissements parfois improbables. 
Je lirai la suite avec plaisir.

Ce que je suis en train de lire

"Les Gardiens des Eléments, tome 3 : Sueur Froide"


"Beautiful Disaster"


Ce que je lirai après

"Cosmopolis"

"New Victoria, tome 1"


"Les Vampires de Chicago, tome 6 : Morsures de Sang Froid"


mercredi 4 septembre 2013

"Les Gardiens des Eléments, tome 1 : La Maitresse du Vent"



Auteur : Rachel Caine
Titre VO : Ill Wind
Editeur : Panini Books
Collection : Crimson

Résumé (4e de Cover)

Les gardiens existent depuis toujours. Certains d’entre eux contrôlent le feu, d’autres la terre, l’eau ou le vent, et les plus puissants sont capables de contrôler plus d’un élément. Faute de gardiens, Mère Nature ferait sans mal disparaître l’humanité de la surface de la Terre…

Joanne Baldwin est une gardienne des éléments : en général, il lui suffit de faire un geste de la main pour apprivoiser la tempête la plus violente. Mais Joanne doit faire face à de terribles accusations de meurtres. Elle doit maintenant sauver sa peau.

Son seul espoir s’appelle Lewis, le plus puissant des gardiens, aujourd’hui l’homme le plus recherché du monde. Sans lui, les chances de survie de Joanne fondent comme neige au soleil… Elle parcourt les routes des États-Unis dans sa Mustang, en espérant que Lewis puisse l’aider, tout en essayant d’échapper à la tempête qui veut sa peau…

Mon avis

Coup de Cœur !

Depuis le temps que je lis de l’Urban Fantasy (bit-lit pour la majorité des personnes… mais je n’aime pas *plus* ce terme. On y englobe la romance paranormale (Confrérie de la dague noire et cie) et le young-adult (Twilight et cie)) je commence tout doucement à être blasé. J’ai lu un peu tout ce qui se faisait (à titre indicatif, je suis actuellement à 22 séries d’UF, dont 1 de terminée) dans le domaine : vampires, loup-garou, sorcières, démons,… autant dire que je deviens peu à peu un plus exigeant.
Alors, quand en janvier la défunte maison d’édition Eclipse est reprise par Panini lançant la collection Crimson avec des séries en poche, et que le fer de lance de la collection est cette série qui me tapait dans l’œil auparavant, autant dire que je ne me suis pas fait prié.
Commencé lors d’un voyage à Bruges après mes examens de janvier et terminé deux jours plus tard, je peux affirmer que ce tome 1 est un énorme, un gigantesque coup de cœur !

Rachel Caine est une auteure que je connais de nom, sa série Vampire City publiée chez Hachette dans la collection Black Moon, étant sortie avant en VF. N’ayant pas lu la 1ère, je suis dans l’impossibilité de comparer les deux œuvres, mais je peux simplement dire que le pitch et le public visé ne sont pas les même : les jeunes adultes dans le cadre de Vampire City, les adultes dans l’autre.
Cette série qui comporte 9 tomes en VO est terminée et comporte un spin-off de 4 tomes, terminé également.
Je trouve la couverture jolie, tout à fait dans le ton du roman et bien représentative du genre. En plus, contrairement à Eclipse qui pratiquait des prix exorbitants (18 euros en moyenne pour quelque chose entre le semi-format et le grand format) cette nouvelle collection sort les romans en poche à des prix on ne peut plus raisonnables et possédant une meilleure visibilité que chez Eclipse (on peut les trouver dans toutes (ou presque) les librairies et même dans les supermarchés !).

Le roman est divisé en 5 chapitres (disons des parties plutôt), ce qui fait qu’il faut assez longtemps avant d’en terminer un (le livre approchant des 400 pages). Heureusement, l’auteure offre de nombreuses coupures, permettant de poser le bouquin. Mais ce n’est absolument pas gênant, tellement le roman est prenant, on arrive très rapidement à la fin d’un « chapitre ».
Ils ne sont d’ailleurs pas appelés chapitres, mais bulletins. Pourquoi me direz-vous ? L’explication est très simple : cela à directement à voir avec la mythologie de l’auteure, vu que ces bulletins ont rapport avec la météo. Je reviendrai sur la mythologie plus tard mais c’est très bien fait : on a véritablement l’impression de lire un bulletin météo.

Le roman s’ouvre avec un « prologue » qui en fait un extrait du manuel « Comment posséder un djinn ? » qui plonge directement le lecteur dans la mythologie du récit. C’est bien présenté et assez mystérieux pour donner envie d’en savoir plus.
Cependant, une fois arrivé au premier bulletin, ce n’est pas encore là qu’on aura nos explications : on entre in medias res (merci les études de romaniste !) dans le récit (pour les incultes, on entre dans le récit alors qu’il a déjà commencé).
On ne sait pas ce que cherche l’héroïne, ni qui est Lewis, ni ce que sont vraiment les djinn et encore moins les gardiens… et c’est juste génial.
L’auteure distille ses éléments au compte-goutte, au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire et ce au moyen de divers flash-back. On ne perd pas de temps en explications inutiles pendant 30 pages, non, on suit l’action globale du récit (à savoir que Joanne recherche activement Lewis et est poursuivie par une tempête et l’association des gardiens : c’est dans les grandes lignes) et par moments, nous avons droit à des explications sur tel ou tel personnage ou ce que sont les gardiens, sans oublier aussi ce qui a amené Joanne à cette situation et quelques autres éléments.
Je n’en dévoilerai pas davantage concernant la mythologie de l’auteure, c’est véritablement le genre de choses qui se découvrent par soi-même. J’ai simplement adoré ce côté neuf dans l’Urban Fantasy : cette idée d’une mère Nature capricieuse que seules certaines personnes peuvent contenir par leur affinité avec un (ou plusieurs mais c’est très rare) éléments m’a énormément plu. En plus, les djinns ne sont pas (ou alors très peu) présent dans ce genre : c’est frais et neuf, ça fait un bien fou.
Il y a cependant un léger bémol (mais vraiment léger, pas du tout de quoi en faire tout un fromage) : les explications parfois trop scientifiques et peu claires de l’auteure. On sent qu’il y a eu énormément de recherches de sa part, on parle de pôles magnétiques lors des tempêtes, de courants d’airs dans la mésosphère… mais voilà, c’est un peu trop scientifique justement. Il faut coupler à cela le talent de Joanne qui ressent la tempête et l’énergie du vent et l’on est un peu perdu. Personnellement, c’est le seul point véritablement négatif que j’ai trouvé et il ne gâche pas le roman, loin de là.
Concernant le rythme, je l’ai trouvé très bon, justement par le balancement entre la quête principale et les flash-back : on a de l’action et ensuite de l’accalmie. Le manque d’infos au départ et le fait qu’elles soient données partiellement à chaque fois font tourner les pages du roman et plus on avance dans le récit, plus les pièces du puzzle se mettent en place.
Le fait que la quête soit construite comme un véritable road-trip à travers les USA contribue grandement au charme du roman : il y a véritablement cette idée de menace derrière l’héroïne et la fuite. En pus, les rebondissements sont légions, on passe d’éclairs frappant une voiture à des bulles d’airs coupant l’oxygène de Joanne… il est assez difficile de s’ennuyer.

Concernant les personnages, Joanne est une héroïne plutôt classique dans le genre : forte, cynique et tête brulée. Cependant, elle est assez attachante, de par son humour et un passion singulière : notre narratrice (parce qu’on suit l’histoire de son point de vue) a en effet une passion dévorante… pour les voitures (rapides de préférence).
C’est un aspect assez drôle chez elle : elle leur donne même de petits noms (Delilah) et s’inquiète lorsqu’on l’attaque que sa voiture soit abîmée. On avait déjà une femme qui aimait les voitures dans la série Mercy Thompson de Patricia Briggs, mais c’est parce que Mercy est mécanicienne. En plus, elle adore également dépasser allègrement les limitations de vitesse (160 km/h pour exemple). Cette passion rajoute une touche d’humour bienvenue.
On a ensuite David. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah David, il est tellement chou (en plus, il s’appelle David – ceux qui me connaissent comprendront la référence). On ne sait rien de lui lorsque Joanne le rencontre sur le bord d’une autoroute, l’auteure fait bien attention à nous le rendre mystérieux. On ne sait rien de lui, juste qu’il adore lire de vieux livres de poches.
Autant dire que la surprise est de taille lorsque l’on apprend qui il est vraiment et ses véritables motivations.
Les autres personnages sont esquissés, on suit véritablement Joanne et David dans leur périple.

Que dire d’autre de ce roman sinon qu’il possède une bonne dose d’action, un univers original et bien pensé et des personnages principaux attachants ? Ainsi qu’une fin du tonnerre qui donne envie de lire le volet suivant !

Ma Note : 19/20
+ Coup de Cœur !